Les stades sportifs, un pari gagnant pour les gouvernements ?

Crédit photo : mercurynews.com

Crédit photo : mercurynews.com

La question du financement public, ou en partie public, des stades de sports professionnels revient régulièrement dans l’actualité. Dans les dernières années, nous avons qu’à penser aux villes de Glendale (avec les Coyotes dans la LNH) et Québec avec le Centre Vidéotron. Plus récemment, la ville de Calgary a annoncé la semaine dernière qu’elle contribuerait à la construction du nouvel amphithéâtre des Flames (LNH). Chez nos voisins du sud, les Raiders d’Oakland (NFL) s’apprêtent à déménager vers Las Vegas dès la saison prochaine, notamment parce que la ville d’Oakland refusait de s’impliquer financièrement dans la construction d’un nouveau stade.

Nous nous posons donc la question : qu’ont à gagner les gouvernements à investir dans les stades de sport professionnels ?

L’impact économique d’une infrastructure sportive de haut niveau est certainement l’argument le plus mis de l’avant. Mais comment se matérialise cet impact ?

La construction de l’infrastructure en soi créée des emplois qui eux généreront des revenus d’impôts et de taxation. De plus la construction génère une forte activité économique dans la région. Les promoteurs ont besoin de matériaux, de services professionnels, ils dépensent dans les petits commerces environnants, bref, vous voyez le portrait. La phase d’exploitation génère également des revenus par les activités et les visiteurs attirés au stade. Des emplois sont alors créés au stade, mais également chez des fournisseurs de services et de matériaux. Les infrastructures d’envergure sont également vues comme des générateurs et pôles d’attraction en matière de tourisme étant donné la possibilité d’attirer des événements mondiaux et donc des capitaux étrangers.

De nombreux chercheurs ont remis en doute les arguments économiques favorisant l’injection de fonds public dans ces projets en prônant que les retombées associées à ces investissements sont intangibles, imprévisibles et très difficiles à calculer.

Restons un peu dans l’intangibilité

Tout comme les musées, les parcs d’attractions, les lieux historiques, les restaurants et les festivals, les équipes sportives font partie des conversations propres à chaque ville et participent à la faire rayonner, souvent dans le monde entier. Prenez l’exemple de la ville de Green Bay au Wisconsin, très rare sont les villes de 100 000 âmes qui ont autant de visibilité. Plus récemment, les Raptors de Toronto ont fait parler de la ville comme c’est rarement le cas, et ce, même à Montréal, c’est tout dire. Cela dit, est-ce suffisant pour justifier l’investissement d’argent public ?

Il n’y a aucun doute qu’une ville retire une certaine notoriété du simple fait d’avoir une ou plusieurs organisations sportives de haut niveau sur son territoire. Quelle est la réelle valeur de cette notoriété et comment la calculer ? Ce sont là des questions primordiales à poser si l’on souhaite injecter de l’argent dans un amphithéâtre ou un stade.

Quelles sont les solutions ?

Pour attirer les Raiders à Las Vegas, la ville a promis d’injecter 750 M$ des 1,8 G$ US dans le nouveau stade. Oui oui, trois quarts de milliard de dollars américains. Comment les contribuables peuvent-ils accepter cet investissement ? Une nouvelle taxe sur les chambres d’hôtel a été votée pour aider au financement. Une manière intéressante de procéder. Pour chaque chambre d’hôtel louée dans les environs, en moyenne 1,50$ de taxe supplémentaire servira au financement du stade. Les élus ont trouvé un moyen pour que les visiteurs financent la promesse faite aux Raiders et non les contribuables locaux.

Qu’en pensez-vous ? Les gouvernements devraient-ils investir dans les infrastructures sportives professionnelles ?

Lambert Gosselin